L’Affaire Michaeal Brown : Crime policier raciste à Ferguson?

Par N.Gomes Da Silva

Il est des décisions de justice qui, non sans quelques raisons secouent l'opinion publique. Aux États-Unis, celle rendue au sujet de l'affaire Michael Brown alimente les tensions raciales. Michael Brown est ce jeune afro-américain de 18 ans qui, le 9 août 2014, trouva la mort atteint de six balles tirées par un policier blanc dénommé Darren Wilson. Une histoire tragique et compliquée qui interpelle. Le policier a en effet été relaxé par le grand jury local en date du 24 novembre 2014 alors que des témoins de la scène affirment l’avoir vu user de son arme contre le jeune noir qui se tenait loin de lui les mains en l'air. Le représentant des forces de l'ordre déclare qu'il a agi en état de légitime défense devant un individu menaçant et l'ayant frappé de plusieurs coups de poing. Il se trouve que les faits n'ont pas été filmés, suivant l’information aujourd’hui disponible. Une absence de caméras d'autant plus problématique dans une localité où tensions raciales, discriminations et préjugés racistes sont légions.

Ferguson est en effet une ville à majorité noire par sa population, située en banlieue de Saint-Louis dans le Missouri. Une population qui reproche aux forces de l'ordre ne comptant qu’un Afro-Américain des réactions disproportionnées pour n’en dire que peu. Trop de répression pour peu de dialogue. La mort d'un jeune étudiant au casier judiciaire vierge a fait exploser la colère, le ressentiment de nombreux Afro-Américains convaincus de l’injustice d’une police raciale. Dès le lendemain des faits, de violentes manifestations et affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté dans la ville. Le président Barack Obama a appelé au calme… en vain. La garde nationale a même été appelée en renfort pour essayer de rétablir l’ordre. La version de la police et celle des témoins ne concordant sur aucun point majeur, la population noire de Ferguson s’est sentie une nouvelle fois spoliée de ses droits les plus fondamentaux, à savoir l’égalité et la justice, a fortiori dans un pays qui s’érige en modèle de démocratie.

On parle d’un pays qui a élu à sa tête un président noir, lequel a demandé à ses concitoyens de faire confiance à la justice... Le 24 novembre 2014 donc, après plus de trois mois d’enquêtes, le comté de Saint-Louis a tranché, décidant de ne pas inculper Darren Wilson. Parmi les douze jurés se trouvaient neuf personnes blanches et trois personnes noires…Une soixantaine de témoins furent entendus, plus de 70 heures d’audition, de nombreuses photos et éléments à charge, trois médecins légistes réquisitionnés. Les interrogations demeurent eu égard aux résultats de l’autopsie indépendante pratiquée à la demande de la famille Brown. En effet, celle-ci va à l’encontre de la version policière. «Aucune trace de lutte» y précise un médecin légiste, ce qui tendrait à discréditer la parole policière et à renforcer celle des témoins de la scène. L’enquête menée par le FBI déterminera s’il y eu ou non une violation des droits civiques.

En attendant, manifestations et appels au calme se télescopent un peu partout aux États-Unis et désormais dans plusieurs grandes villes à travers le monde (Toronto et Londres notamment). Une triste affaire qui commence par un individu marchant en dehors de la chaussée et qui se termine par un décès, un assassinat peut-être, élément déclencheur d’une remise en question des rapports entre population noire et forces de l’ordre, communauté afro-américaine et institutions états-uniennes en tant que blanches. République post-raciale disait quelqu’un?

 

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